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Incendie de Limoges : Guillaume Guérin y voit « l’équivalent du Reichstag »

Limoges (87). — Guillaume Guérin ne décolère pas après l’incendie volontaire de la mairie de Limoges le 17 octobre dernier. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire allemand Die Zeit paru le 22 octobre, le maire juge que « ce qui s’est passé à Limoges est grave. Très grave. C’est l’équivalent de l’incendie du Reichstag allemand de 1933, mais en France. C’est un acte de destruction de la République française. Les personnes qui se trouvaient dans le bâtiment ont failli mourir. »

Malgré la relance de la journaliste lui rappelant que l’incendie de la chambre basse du parlement allemand en 1933 « était une attaque contre la démocratie et [qu’] il a eu lieu avant la dictature nazie », Guillaume Guérin reste sur sa ligne estimant que « Limoges marque le début d’une crise intérieure en France ».

Pour rappel, l’incendie du Reichstag en 1933 a permis à Adolf Hitler d’asseoir son pouvoir, lui offrant le prétexte à la suspension des libertés publiques en Allemagne et au lancement d’une féroce répression des communistes et des opposants au régime national socialiste. Exploité par les nazis qui y fantasment un complot communiste, il fait encore aujourd’hui l’objet de débats entre historiens : certains défendent la thèse d’une opération montée par les nazis pour justifier la mise en place d’un durcissement du régime ; d’autres estiment qu’il s’agit d’un acte individuel – celui de Marinus van der Lubbe – immédiatement exploité par les nazis.

Dans la suite de l’interview, Guillaume Guérin estime que pour décrire les événements qui ont conduit à l’incendie de l’hôtel de ville, « le terme de ‘guérilla’ est peut-être même insuffisant » et qu’il s’agissait « plutôt d’une guerre civile ». Et la journaliste de questionner : « Vous n’allez tout de même pas entrer en guerre, j’espère ? ». « Pas encore », répond l’élu limougeaud tout saluant une « une police extrêmement professionnelle, très calme et très déterminée », avant de prévenir : « Si, chaque week-end, des policiers sont débordés par des extrémistes de gauche et échappent de justesse à la mort à chaque fois, un jour, l’un d’eux finira par sortir son arme et par loger une balle dans la tête de quelqu’un. »