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Nicolas Lavallée

Temps de lecture : 3 minutes

Porcherie industrielle
de Royère-de-Vassivière :
11 communes et le Syndicat du lac déposent des recours en justice

Neuf communes de Creuse et deux de Haute-Vienne, ainsi que le syndicat du lac de Vassivière, contestent la décision du préfet de Creuse devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.

Le projet de porcherie du Villard (Creuse) fait craindre à ses opposants une pollution des eaux sur le plateau de Millevaches (Photomontage Facto !)

Le syndicat du lac, ainsi que ceux de neuf communes de Creuse et de deux communes de Haute-Vienne (voir notre Boîte noire) concernées par le projet de porcherie industrielle de Royère-de-Vassivière ont déposé vendredi 4 septembre 2026, par l’intermédiaire de leurs avocats, deux recours devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.

Dans leur mémoire introductif d’instance, les requérants contestent la décision du préfet de Creuse, Jean-Philippe Legueult, de « passer par une simple mesure d’enregistrement » plutôt que par une autorisation environnementale, comme l’avait envisagé sa prédécesseure.

Les communes estiment également que le projet de porcherie industrielle « ne respecte pas les objectifs » des zones Natura 2000 et ceux de la charte du Parc naturel régional (PNR) de Millevaches sur le territoire duquel l’élevage doit être implanté.

Elles reprochent enfin au préfet de ne pas avoir tenu compte du retrait d’environ 60 hectares de terres du plan d’épandage : 26 % de la surface initialement prévue dans le dossier.

Deux autres recours contre le projet de porcherie à Royère-de-Vassivière

Ces recours ont été suivis d’un autre. Déposé samedi 5 septembre, également devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux, il est doublement porté par le collectif « Non à la porcherie du lac » et par des associations environnementales sous la forme d’un mémoire commun, en plusieurs parties axées sur la biodiversité particulière du plateau de Millevaches.

Ils interviennent dans un contexte de contestation croissante sur le plateau de Millevaches et, plus largement, en Limousin, contre la construction ou l’agrandissement de porcheries industrielles.

1.200 porcs et porcelets prévus à Royère-de-Vassivière

Depuis 2024, le Gaec du Villard, implanté à Royère-de-Vassivière, souhaite compléter son activité bovine par la création d’un élevage de 800 porcs à l’engrais et 400 porcelets en post-sevrage.

Le projet est soutenu par le groupe Cirhyo, présent dans plus de 30 départements. Le groupe est également partie prenante d’une nurserie porcine à Bujaleuf, en Haute-Vienne, située à une trentaine de kilomètres de Royère-de-Vassivière.

Le projet de porcherie industrielle suscite depuis plusieurs mois des oppositions autour de ses impacts environnementaux, notamment sur l’épandage, les ressources en eau et les espaces naturels protégés du plateau de Millevaches.

D'après une carte fournie par le syndicat de la pomme AOP, six exploitations ont recours aux filets anti-dispersion dans l'aire de production.

Boîte noire

En Creuse, neuf communes font partie des requérants contre le projet de porcherie du Villard : Royère-de-Vassivière, Faux-la-Montagne, Gentioux-Pigerolles, La Villedieu, Saint-Martin-Château, Saint-Marc-à-Loubaud, Felletin, Saint-Pardoux-Morterolles, Saint-Georges-la-Pouge.
Deux communes de Haute-Vienne portent également le recours : Beaumont-du-Lac et Peyrat-le-Château.

[ Edit]. L »article a été complété le 10 septembre 2026 après que Facto ! a recoupé la réalité du dépôt du mémoire du collectif « Non à la porcherie du lac » et des associations environnementales devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.