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Nicolas Lavallée

Temps de lecture : 3 minutes

Le préfet de la Creuse valide le projet de porcherie industrielle de Royère-de-Vassivière

Jean-Philippe Legueult a signé ce lundi 6 juillet 2026 l’arrêté d’enregistrement du projet de porcherie porté par le GAEC du Villard à Royère-de-Vassivière (Creuse).

Le projet de porcherie du Villard (Creuse) fait craindre à ses opposants une pollution des eaux sur le plateau de Millevaches (Photomontage Facto !)

Il avait jusqu’au 17 juillet pour se prononcer sur le projet. Jean-Philippe Legueult, le préfet de la Creuse, a finalement décidé de valider ce lundi 6 juillet 2026 le projet de porcherie industrielle du Villard à Royère-de-Vassivière. Le représentant de l’État, qui annonce avoir pris sa décision « de manière indépendante et objective », a justifié l’enregistrement du projet d’élevage « de taille modeste » de 800 porcs charcutiers et de 400 porcelets par l’ajout de « prescriptions complémentaires qui visent à limiter l’impact de ce projet sur l’environnement ».

Plan d’épandage et contrôle des sols

Parmi celles-ci, sont notamment prévues des mesures de contrôles des sols à la charge du GAEC du Villard et le retrait du plan d’épandage de cinq nouveaux hectares de parcelles jugées « trop proches du lac ». En outre, le lisier ne pourra pas être épandu à moins de 50 mètres des habitations ; pas plus qu’entre le 1er juillet et le 31 août, les jours fériés et la veille des jours fériés, les week-ends et « les jours où la pluie est annoncée », fait valoir le préfet qui précise qu’une même parcelle recevra des effluents « en moyenne tous les trois à cinq ans ». Jean-Philippe Legueult estime également que, concernant le stockage du lisier, « l’exploitant adopte une pratique plus contraignante que ce que prévoit la réglementation » : neuf mois et demi de capacité de stockage au lieu des quatre mois légaux.

« Ça ne change rien à la dangerosité du projet », observe Philippe Combrouze, ingénieur en hydrologie et spécialiste des cyanobactéries. « Un volume de stockage supplémentaire finira par être épandu. Il n’y a pas de mesures de protection des éco-systèmes et de la qualité de l’eau, regrette le scientifique. Avoir retiré quelques parcelles, OK, mais les autres sont riveraines du lac ou de ses affluents », fait valoir Philippe Combrouze.

« Le risque zéro n’existe jamais »

« Le risque zéro n’existe jamais. Le risque lié aux cyanobactéries n’est pas aggravé par ce projet de porcherie », tente de rassurer Jean-Philippe Legueult qui promet « des contrôles réguliers » et rappelle avoir « choisi de prolonger l’instruction de deux mois pour prendre en compte les inquiétudes des élus et d’un certain nombre d’acteurs territoriaux, et imposer un certain nombre de mesures à l’exploitant pour limiter l’impact sur l’environnement ». Un argument étonnant quand on sait qu’une large majorité des contributrices et contributeurs à la consultation publique se sont prononcés contre le projet, tout comme une majorité d’acteurs politiques, associatifs et économiques.

« Ce sont des mesurettes » et un « déni de démocratie », tonne Jean-Paul Gaulier, le maire de Faux-la-Montagne (Creuse) qui y voit même des « prescriptions contre-productives. Avant, l’interdiction d’épandage incluait le mois de juin, désormais, c’est juillet-août ». Un constat partagé par Anthony Buys, son homologue de Royère-de-Vassivière (Creuse), la commune sur laquelle est installé le GAEC qui porte le projet. « Il va falloir se battre », lance-t-il devant la petite foule venue sur la plage de Broussas, au bord du lac de Vassivière, pour assister à la conférence de presse des élus et des opposants. « La lutte commence par des recours de la part des communes, du Syndicat du lac, du PNR et des associations », annonce officiellement Barbara Dubois, première adjointe au maire de Peyrat-le-Château et vice-présidente du Syndicat du Lac. « Nous allons faire des analyses d’eau régulières, tous les mois pendant un an. » Une cagnotte pour aider au financement des différentes démarches des opposants doit être lancée dans les jours qui viennent.

D'après une carte fournie par le syndicat de la pomme AOP, six exploitations ont recours aux filets anti-dispersion dans l'aire de production.

Boîte noire

Pour connaître l’ensemble des prescriptions de la préfecture et la teneur exhaustive de l’arrêté portant enregistrement du projet de porcherie du GAEC du Villard, on peut se reporter ici.

Une cagnotte a été ouverte le 9 juillet 2026, hébergée par le journal IPNS sur son compte Helloasso. Les dons collectés sont destinés à financer les frais de justice engagés par le Collectif « Non à la porcherie de Royère-de-Vassivière » dans le cadre de son recours en justice.

[Edit] Cet article a été complété le 6 juillet à 22 h 30.
L’illustration a également été modifiée le 7 juillet à 8 h 30.
La Boîte noire a été complétée le 9 juillet afin d’y inclure les informations concernant la cagnotte du collectif d’opposantes et d’opposants.