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Nicolas Lavallée

Temps de lecture : 2 minutes

Porcherie industrielle du Villard (23) :
le préfet se donne deux mois de plus pour trancher

Le préfet de la Creuse se donne deux mois supplémentaires pour instruire le dossier de porcherie industrielle de Royère-de-Vassivière (Creuse).

Le projet de porcherie du Villard (Creuse) fait craindre à ses opposants une pollution des eaux sur le plateau de Millevaches (Photomontage Facto !)

Il devait prendre une décision avant le 17 mai. Finalement, Jean-Philippe Legueult, le préfet de Creuse, se donne deux mois supplémentaires pour analyser le projet de création d’une porcherie industrielle de 1.200 porcs au Villard, sur la commune de Royère-de-Vassivière (Creuse).

Dans un arrêté en date du 7 mai 2026, le représentant de l’État considère que « le nombre de contributions reçu dans le cadre de la consultation publique et la diversité des thématiques qu’elles abordent » ne permettent pas de mener l’analyse à son terme dans le délai de cinq mois initialement prévu.

Entre soulagement et qui-vive

Au total, plus de 1.000 avis ont été recueillis. « C’est énorme », se félicitent les opposants au projet. « Une décision du préfet avant le 17 mai aurait manqué de légitimité », estime Emmanuelle Chabassier, conseillère municipale à Royère-de-Vassivière. « Il a fait preuve de réalisme, observe Jean-Paul Gaulier, le maire de Faux-la-Montagne (Creuse). Pour autant, rien n’est gagné, mais cela nous laisse du temps pour nous organiser. »

Un sentiment que partage Maud, membre du collectif contre la porcherie qui confie avoir une réaction « mitigée. Je suis à la fois soulagée et très méfiante vis-à-vis de la stratégie du préfet qui consiste à gagner du temps ».

Le projet, porté par le GAEC du Villard et soutenu par la coopérative Cirhyo, prévoit l’élevage sur caillebotis de 800 porcs à l’engrais et 400 porcelets en post-sevrage. Il laisse craindre un impact sur la qualité des eaux sur le plateau de Millevaches, notamment par la prolifération de cyanobactéries, des micro-organismes possiblement toxiques pour les oiseaux et les mammifères lorsqu’elles sont ingérées. « Tout le monde est contre cette porcherie industrielle, observe Maud, pour des raisons différentes, à une échelle différente mais de manière massive. »

« On ne va pas relâcher la pression »

Le collectif d’opposants appelle à une marche samedi 9 mai, à Royère-de-Vassivière. « On ne va pas relâcher la pression, promet Jean-Paul Gaulier. S’il prend sa décision en juillet, il y a des milliers de personnes sur les plages. C’est un bon moment pour communiquer et pour rencontrer les touristes. »

D'après une carte fournie par le syndicat de la pomme AOP, six exploitations ont recours aux filets anti-dispersion dans l'aire de production.